#1: Le Blog Rêves de Nomades
10.07.08
S’ imprégner savourer profiter …
Partager un instant, une journée avec ces hommes, ces femmes qui, dans l’instantané peuvent paraître si différents de nous.
L’illusion est parfaite…
Un contact, des regards et ici encore plus qu’ailleurs le cœur de l’homme s’ouvre si simplement et généreusement à l’inconnu.
Se faire offrir le thé c’est accepter de connaître un peu l’autre, discuter de choses simples et profondes.
L’ Inde c’ est un pays de fou, d’illuminés d’êtres d exceptions et de sagesse.
L’Inde nous effraie, nous passionne et nous provoque dans les tripes…
L’Inde est un monde à part où il faut surtout prendre le temps ; peut être de se redécouvrir et puiser l’énergie de ce peuple bouillonnant.
Il y a dans cette terre une force indescriptible qui vous plonge très vite face à vous-même…
Entre l’Inde et Tibet, entre traditions et modernité, chacun trouve sa place.
Le temps s’écoule et pour nous, les derniers grains de sable se précipitent vers nos racines.
Notre pays nous attend.
Notre famille nous ouvre déjà les bras.
Bientôt les grandes retrouvailles entre amis, nos cœurs bouillonnent maintenant d’impatience
de vous revoir, de vous serrer dans nos bras et faire sauter les bouchons…
27.06.08
Dharamsala, un monde derrière le monde.
« om mani padme hum »…
Arriver sur Dharamsala, c’est un peu quitter l’Inde pour découvrir l’âme tibétaine.
Mais cela se mérite, les 30 heures de transport furent plus que jamais interminables…
Mais derrière chaque route un nouveau monde, une atmosphère différente, des hommes et femmes aux visages singuliers avec partout, les mêmes sourires qui nous accueillent sur ces terres nouvelles.
Ici, nous sommes venus chercher la fraîcheur des montagnes, le calme et le repos pour la dernière étape de notre longue expédition.
En pleine montagne, loin de la ville, des commerces, nous avons trouvé le lieu idéal.
Imaginez une maison isolée à 2000 m, une vue magnifique sur les montagnes, un sentier de pierre menant au village.
Chez Hari Baba, c’est un lieu exceptionnel pour se ressourcer.
Hari est un ancien Sadhou qui a quitté l’isolement pour vivre avec Ria, et monter leur « petite chambre d’hôtes »
Ici la vie est imprégnée du spirituel, partout autour de nous, des petits temples éparpillés ici et là où le peuple médite et s’imprègne de l’énergie du lieu.
A Bhagsu au village du bas, Akhilesh m’enseigne chaque jour le Reiki, Elodie pratique le Yoga…
Ouhaou, plutôt zen les Nomades…
Marilou Salomé jouent dans le jardin et perfectionnent leur anglais avec les enfants du coin.
Ici, nous resterons trois semaines, avant notre retour en France ; je n’ose à peine encore imaginer le contraste. Ici la vie paraît si simple…
Le soleil rayonne chaque matin, et nous en profitons pour faire de belles balades, l’après midi, les brumes, la mousson montent de la vallée vers la montagne accompagnant les chants des moines tibétains.
A Dharamsala, 5 km plus bas, plus de 15000 réfugiés tibétains réorganisent leur vie autour de la résidence du Dalaï-lama. C’est un petit « Lhassa » où des bouddhistes du monde entier se rencontrent, étudient pour la sauvegarde de l’héritage culturel d’un peuple sous l’oppression chinoise.
15.06.08
Serait-ce un rêve…
D’Agra, nous continuons notre route dans l’Uttar Pradesh, puisque le Rajasthan est actuellement bloqué pour des raisons de politiques intérieures. La population manifeste et bloque les transports…
Mais pas de souci, l’Inde est immense, il suffit juste d’une énorme capacité de patience pour réserver nos billets de train.
Et là, croyez-moi c’est l’apprentissage de la sagesse. Je ne compte plus les heures d’attente pour un simple billet familial.
Le trajet se fera de nuit sur des banquettes couchettes inconfortables. Un œil sur les sacs, nous essayons de nous mettre dans notre petite bulle. Notre esprit essaie de se déconnecter de la réalité.
Tout autour de nous, c’est un peu la cour des miracles… Une odeur de pisse chaude encense l’atmosphère.
Le train est bondé, juste à nos pieds, un corps inerte sur le sol.
Les religieux, les mendiants, les infirmes, les lépreux, les mômes sans famille défilent sous nos yeux déjà fatalistes…
Après 14 h de train nous voici enfin arrivés à Varanasi « Bénarès » la ville sainte.
La chaleur, la poussière et le bruit ne nous quittent pas, les rues sont bondées, les rickshaws slaloment aux coudes à coudes…
De ruelles en étroites venelles nous voici bientôt au bord du Gange.
Ici, le vent et l’esprit de Shiva tournent autour de nous.
Sur plusieurs kilomètres, des escaliers de granit rose forment les ghats.
Des milliers d’indiens viennent dans le Gange faire leurs ablutions, prononcent les mantras sacrés, mais aussi se lavent les dents, se savonnent là où se déversent les égouts de la ville.
Dans cette immense salle de bain à ciel ouvert aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre bien longtemps…
Assis sur une marche, un vieillard attend la mort, il regarde le Gange où flotte une vache en chemin vers le nirvana.
Il règne une atmosphère saisissante, devant nous le corps drapé d’un défunt est conduit par sa famille sur le lieu de crémation.
Quelques mètres plus loin nous voyons les bûchers où des cadavres disloqués se consument lentement.
Cela fait maintenant 6 jours que nous nous imprégnons de cette ambiance « religieuse »…
Marilou et Salomé s’acclimatent parfaitement à ce monde si loin du nôtre.
Chaque jour des Brahmanes, Sadoux et autres Babas nous saluent, nous bénissent en chemin.
Nous avons souvent l’impression d’être dans un rêve tellement l’ambiance est ici surnaturelle.
À la tombée de la nuit, les chants sacrés raisonnent sur Bénarès, des milliers de bougies flottent sur le Gange et cela me rappelle le film : Le temps des gitans…
Le soir, il faut rejoindre notre petit hôtel à travers des ruelles sombres et étroites encombrées par des vaches somnolentes.
Il faut alors éviter les bouses, les trous des égouts, les bouts de ferraille ou encore cette charrette qui passe sans se préoccuper de nous.
Bientôt nous retournerons sur Delhi pour reprendre un bus vers l’Himachal Pradesh, aux frontières du Kashmir et du Ladakh.
Nous avons besoin de fraîcheur et de repos au pied de l’Himalaya.
08.06.08
Majestueux Taj Mahal
Et oui,ce n’est pas pour rien que le Taj Mahal est le site le plus visité au monde.
En arrivant sur les lieux nous devons franchir les murailles de grès rouge, comme un écrin protège son joyau.
Nous franchissons une porte gigantesque puis s’impose brutalement à nos yeux, une vision éblouissante, presque irréelle…
Planté devant nous, le Taj Mahal se dresse colossal, curieusement il semble flotter dans l’air tel un palais de science fiction.
Il est 17 heures , tout autour de nous une foule colorée contemple…
En cet instant précis, je me sens soudainement seul et pétrifié d’émotion. Les frissons m’envahissent devant cette première vision éblouissante.
C’est indéniable, seule l’énergie d’un Amour perdu pouvait donner à cet empereur la force de concevoir un temple si beau qui n’a son pareil au monde.
Le site est prodigieux, entouré de bassins, le Taj Mahal surprend par sa grandeur, par la finesse des sculptures de son marbre blanc.
Sublime citadelle de Fatehpur Sikri
07.06.08
8 heures du mat’ : 41° à l’ombre…
Visiter Delhi au mois de juin relève d’une véritable épreuve sportive mais comment ne pas parcourir la cité des souverains turcs, afghans, moghols et britanniques…
Notre rickshaw est sur les starting-blocks… Nous allons bientôt slalomer entre la foule grouillante des quartiers bouillants, bruyants et agités.
Pourquoi ne pas se perdre à pieds dans ces ruelles étroites, s’abandonner et se laisser porter par l’énergie d’un lieu qui semble sortir de l’imaginaire.
La foule c’est une vague qui vous porte et vous projette hors du temps.
On en ressort poussiéreux, crevés, un peu déboussolés.
C’est le moment visiter les monuments, allez les filles encore un peu de courage.
L’ombre des jardins sera bienfaisante…
Les édifices sont des trésors d’architecture gigantesques où les contrastes jouent entre grès rouge et marbre blanc.
La lumière s’infiltre dans les moucharabiehs,nous savourons un peu de la fraîcheur relative.
Le chant d’un oiseau suspend le temps.
#2: Le journal de Salomé
Incroyable India...
Ici en Inde, il y a des vaches en pleine ville, elles sont sacrées. Les gens les laissent faire ce qu’elles veulent. Alors elles peuvent rester couchées au milieu de la route pendant deux heures, les gens font parfois tutute ! Alors elles rentrent même dans les maisons… Il faut faire attention à ne pas marcher dans une bouse de vache. Dans les petites routes, il y a des vaches aussi des buffles et plein de chèvres ; quand ces animaux se couchent en plein milieu de mon chemin, moi j’ai peur parce qu’il faut faire un grand pas … Et quand je passe, les vaches bougent la queue ou les cornes, ça me fait peur ! Il y a aussi des boucs dans la rue, on les sent de loin, ils nous suivent partout lorsqu’on a des colliers de fleurs que les Babas nous ont offerts.
Le Gange est un très grand fleuve, hélas il est très très pollué. On y trouve des déchets, les égouts se déversent dedans, les buffles se baignent et juste à côté les hommes aussi. Les femmes lavent leur linge, font la vaisselle et se brossent les dents tout prêt des animaux et les hommes morts qui flottent …
Malgré ça, les Indiens adorent le Gange comme leur maman, ils pensent que cette eau est sacrée.
Ma première semaine en Inde !
En Inde je suis arrivée par avion. J’ai dormi chez la cousine de papa , Juhie, qui vit à Delhi avec son mari Vijay. Là bas c’était super !
Ici , toutes les femmes portent le sari comme habit. C’est une grande étoffe qu’elles mettent autour de leur taille et de leur buste, avec un haut assorti court.Il y a aussi la khurta pyjama : c’est un pantalon large avec une « khurta » : tunique longue et un foulard assorti.
Toutes leurs tenues sont de couleurs vives : rouge, orange, jaune, fuschia, bleu turquoise, doré…ouahh … J’aime bien les regarder. J’aimerais en porter moi aussi ! Pour me déguiser parce qu’en France, je ne serai pas vraiment discrète !!!
Les femmes portent aussi des bindis sur le front entre les deux yeux. Soit un point rouge ou jaune peint ou bien un bindi autocollant de toutes les couleurs et de plein de formes. C’est très beau, moi aussi j’en porte un que je peins !!
En Inde, ils boivent des jus de sucre de canne, comme au Laos et au Cambodge. J’adore ça !
J’adore manger les nans et les chapatis, ce sont les pains d’ici ; c’est rond et c’est tout plat. Ces pains accompagnés du dal : soupe de lentilles, c’est délicieux. J’ai mangé le poulet à la sauce au yaourt, le tandoori. Et comme boisson : le lassi, c’est un yaourt liquide, nature ou aux fruits.
J’ai visité le Taj Mahal, un des monuments le plus connu au monde.Je l’ai trouvé majestueux… Il y avait beaucoup beaucoup de gens. C’est un immense « château » tout en marbre blanc ivoire : les murs , le sol, les plafonds même les escaliers étaient en marbre !
C’est un roi qui aimait tellement sa femme qu’il lui a fait construire un palais à sa mort.
Je suis montée à l’intérieur, il y avait une tombe : la tombe de la reine.
Partout où nous allons , les gens veulent nous prendre en photo ! On en a marre ! Mais bon, nous aussi on les prend en photos, alors j’accepte… mais Marilou, elle part en courant !!
Angkor Vat
Ici au Cambodge, il y a eu la guerre , les gens ont souffert. Les kmers rouges mettaient des mines partout, partout. Et maintenant nous voyons vraiment beaucoup de gens qui n’ont plus de jambes, plus de bras ou les deux.
J’ai visité Angkor en tuk tuk pendant quatre jours avec Mr Thaï le chauffeur !
Les temples étaient vraiment très très grands. Mon préféré c’était le temple avec l’arbre qui a poussé dans la pierre. Ici le film « Deux frères » a été tourné.
Sur les pierres ,il y a plein de choses gravés : des princesses, des fleurs , des bouddhas… C’est très beau…
Partout des enfants veulent nous vendre quelque chose en échange d’un dollar ou plus.


Demain , je repars pour Bangkok.
Une nouvelle frontière.
Du bus et encore du bus, mon passeport tamponné, me voilà au Cambodge. Le bus était « pourri », mais après une journée de route je suis arrivée à Phnom Penh dans la nuit, le dos cassé, les fesses en compote !
Ici la monnaie c’est le dollar américain, on donne des dollars et on nous rend en petite monnaie : le riel. Au Laos c’était des kips.
Au Cambodge, les gens mangent de tout, du rat, du serpent, des scorpions,des insectes et beaucoup d’œufs couvés. Ce sont des œufs avec un poussin pas fini dedans. Ils les mangent cuits à la cuillère en suçant les os… Moi, je n’en goûterai jamais. Beurk…Eux, pourtant ils adorent.
Nous avons rencontré une famille française qui vit au Cambodge. Ils nous ont invité dans leur maison, je me suis baignée dans la piscine, c’était trop bien !
Maintenant je suis à la mer , au sud du pays à Sihanoukville.
Une île tranquille.
A Don Det sur une petite île au Laos, je dormais dans une cabane en bois, j’avais la vue sur le Mékong du balcon, dans mon hamac j’étais cool...
Je me suis baignée dans le Mékong tous les jours. J’ai fait plus d’une heure de bouée en me laissant porter par le courant avec Papa.

Il n’y avait pas d’électricité, que le soir 2 heures. J’ai aimé faire du vélo sur l’île , on m’en avait prêté un à ma taille. La selle était trop dure, deux jours après, j’avais encore mal aux fesses !!
Là c'est notre Resto...

Au Laos les gens mangeaient des grillons, des cafards, des sauterelles, grillés… mais moi je n’ai pas voulu goûter ! Des gens m’ont dit, que les sauterelles avaient le goût des chips,même si j’aime les chips, manger ces insectes ça me fait tort. Je préfère les « curry » délicieux, ici ils ne sont pas épicés comme en Thaïlande.


Bye bye le Laos, qui est si pauvre mais si joli,et les gens si gentils.
Au revoir et peut-être à bientôt…
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